dimanche 10 novembre 2019

Ch' Cap'tain Edziré et Ch' BATIO LALA à l'abordage de Lille de par La Malterie

 

Depuis la parution, en mai 2019, de L'Evangile BleuNUIT de Christian-Edziré Déquesnes, j'ai assisté à trois des quatre des lectures performées que ce dernier à donner de par ce qu'il nomme La Grande Picardie Mentale (en fait les Haut de France + la Wallonie Picarde), à Douai, à Amiens et 2 fois à Lille (L'Imposture et La Malterie). En juillet, à Douai, dans l'intimité du cadre et de la cours de La Baraque aux livres & aux arts, là, je l'ai découvert conteur et poète, épaulé de son Camarade guitariste 'Mimosa', Eric Lheurette, et un peu plus tard après des pauses récréatives de signatures de son recueil, avec le soutien de 2 complices musiciens de passage ('Philo', Philippe Lenglet,  guitare et Matthieu Lebrun), c'est un improvisateur et téméraire cascadeur du 'travail du poème' (je reprend ici une expression qu'il préfère au mot poésie)... qui m'impressionne déjà ! ...En octobre à Amiens, je le redécouvre en performer ectoplasmique de La Grande Picardie Mentale, cette fois entouré d'un saxophoniste (Jean Detrémont), d'un tromboniste (Ivan Martin) et d'une présence féminine, masquée qui apporte des mystérieuses touches inuits (Amandine Testu), le conteur de Douai se révèle chamanique et si de nouveau rien n'est calculé ou presque c'est l'enchantement ; mais c'est vendredi dernier à Lille, à La Malterie qu'il m'impressionne définitivement le plus, Christian-Edziré Déquesnes à rameuter autour de lui ses Camarades de Douai, d'Amiens et un batteur franco-belge (Christoph' Bruneel) pour présenter un groupe Ch'BATIO LALA*, ils sont huit sur scène ! dont on ne sait pas encore si il a juste existé pour une nuit. Un équipage qui au delà des textes et poèmes du Capitaine Edziré mais aussi d'autres auteurs (Arthur Rimbaud, Pierre Garnier, Sylvia Plath, Ivar Ch'Vavar, Albert Marcoeur, Konrad Schmitt et Jacques Cauda) propulse la musique dans une espèce de supersonic Rock Free, l'expression est lâchée !, qui doit plus à l’énergie blues du Free Jazz associée à la frénésie des Gilles de Binche qu'à toutes autres choses académiques et rigoureusement fatalement trop définies, formelles ; puis je pense aussi à la magnifique fureur du morceau qui conclue l'album Fun House de The Stooges...

Christian-Edziré Déquesnes n'est pas un poète patoisant chtimi, ni un poète picardisant, c’est un enfant de Douai, juste un enfant de Gayant, qui puisse dans ses le terreaux de ses racines septentrionales d’homme du Nord afin d’exprimer librement son blues à la fois exubérant, protéiforme et peut-être bien définitivement cosmique.

Ce qui fait la beauté de 'La forêt invisible' (langue et littérature picarde nommées il y a 30 ans de la sorte, par des spécialistes)est le mystère de cette invisibilité au delà de son idiome spécifiquement picard, local ; c'est invisibilité magique que Ch' Cap'tain Edziré et Ch'Batio Lala offre à appréhender.

D'après impressions de Mary d’Oostend
pour ‘Les Feuilles Asociales Associées’.
Philippe Lemaire pour les photos.


Additif : Y aura-t-il une trace matérielle de cet échange ? Un spectacle, un concert n’ont de raison d’être que s’il y a partage entre les spectateurs et les intervenants. La poésie est un langage universel qui permet de transformer, de construire et de semer la vie. Chaque être vivant est doté au minimum d’une once de poésie. Les seuls êtres vivants qui n’en sont pas pourvus sont les minéraux - d’après d’éminents qui savent, en fait si mais de manière latente et une seule goutte de lumière permet de la ranimer - et il appartient à tous d’y remédier. Les poètes sont des relais de vie et des vecteurs d’avenir. A ce titre ils ne méritent rien d’autre qu’un baiser cosmique. Enfin et surtout pour finir, commencez au lieu d’attendre !!!
Didier Trumeau de Vierzon


Cher Didier, à cette trace matérielle de cette aventure & échange, j'y travaille déjà ! "La vraie vie est d'être sur le circuit (dans la course), avant et après c'est juste l'attente..." (Steve McQueen dans le film "Le Mans") et tu sais bien que je ne suis pas un attentiste... Bien vers toi, fraternellement. 

Christian-Edziré.




Ch' Batio Lala : expression populaire typiquement picarde de Berck pour désigner un bateau qui vogue malgré la pagaille qui règne  à son bord et entre les membres de l'équipage et dont le capitaine, à la bienveillance très atypique, se nomme Lala ; de manière plus généraliste utilisé afin de nommer le grand désordre dans une maison, voir un groupe social, plus communément : le bordel.

Cette expression a été transmise par Ivar Ch'Vavar à Christian-Edziré Déquesnes.

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