https://soundcloud.com/la-production-du-mimosa/chbatio-lala-live-la-malterie-nov-8th-2019/s-q4gdV
une très proche publication... , d'abord blog/internet puis papier
et j'espère aussi un disque-compact avec le son,
...suit avec l'intégralité des textes lus, des mots et autres
que j'ai pu réciter, chanter, improviser et vociférer
durant cette 'performance' et qui ont inspiré les musiciens.
une très proche publication... , d'abord blog/internet puis papier
et j'espère aussi un disque-compact avec le son,
...suit avec l'intégralité des textes lus, des mots et autres
que j'ai pu réciter, chanter, improviser et vociférer
durant cette 'performance' et qui ont inspiré les musiciens.
Christian-Edziré Déquesnes.
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| - Tableau de Jacques Cauda - |
Ch' Batio Lala : expression populaire typiquement picarde de Berck pour désigner un bateau qui vogue malgré la pagaille qui règne à son bord et entre les membres de l'équipage et dont le capitaine, à la bienveillance très atypique, se nomme Lala ; de manière plus généraliste utilisé afin de nommer le grand désordre dans une maison, voir un groupe social, plus communément : le bordel.
Cette expression m'a été transmise par Ivar Ch'Vavar.
Cette expression m'a été transmise par Ivar Ch'Vavar.
Christian-Edziré Déquesnes.
par ordre alphabétique, étaient présents :
1re partie :
Samuel Bodard textes, voix, batterie, oreilles de djembe.
Samuel Bodard textes, voix, batterie, oreilles de djembe.
2e partie :
Christian-Edziré Déquesnes texte, voix.
Jean Detrémont saxophone.
Matthieu Lebrun clarinette & saxophone.
Duo Limonade : Eric Mimosa guitare électrique & Christoph Bruneel batterie & objets.
Philippe ‘Philo’ Lenglet guitare.
Ivan Martin trombone.
Amandine Testu présence masquée & chamanique.
Le Grand 8 de la Grande Picardie Mentale à La Malterie
huit barques rouges alignées sur le sable au loin le mikado des mâts
dans le port
dans le port
Vendredi 8 novembre, 8 °C dans la rue, 8 doux dingues sur scène en seconde partie. Mais commençons dans l’ordre chronologique.
En 1re partie une batterie et un micro attendent de pieds fermes Samuel Bodard. Debout derrière le micro, quand il n’est pas assis derrière sa batterie, Sam nous emmène dans son univers de mots et de sons, de maux et de silences. Ambiance intime. Nous écoutons ses glissement métalliques, feutrés ou heurtés, qui ponctuent ses textes, épousent serait plus exact,
les accointances qui se forment
les jeux de passe
dans l’espace
Balancés entre mots et notes, gestes et abandon, la voix et les mouvements de Samuel sont une poétique à passer en boucle, à écouter au travers d’un prisme transparent, bien enfoncés dans un fauteuil moelleux. Et non, pas du tout ! Vous n’y êtes pas ! Le travail de Samuel Bodard on le traverse comme une qui traverse le miroir avec un lapin dans le dos et un dodo en guise de jury, mais rien ne se brise, tout fait rempart. Chaque moellon du mur est fait de la mortaise des mots savamment triés, palpés, triturés l’un l’autre pour créer une syntaxe de forêt tropicale, dense, humide, chaude, à la fois accueillante et obscure. Au végétal des mots s’abat le métal des sons des oreilles de djembé qu’il manie à merveille. ça swiffe, ça fouiffffe, ça zuuuiie sans jamais vriller le verbe.
dans l’espace
Balancés entre mots et notes, gestes et abandon, la voix et les mouvements de Samuel sont une poétique à passer en boucle, à écouter au travers d’un prisme transparent, bien enfoncés dans un fauteuil moelleux. Et non, pas du tout ! Vous n’y êtes pas ! Le travail de Samuel Bodard on le traverse comme une qui traverse le miroir avec un lapin dans le dos et un dodo en guise de jury, mais rien ne se brise, tout fait rempart. Chaque moellon du mur est fait de la mortaise des mots savamment triés, palpés, triturés l’un l’autre pour créer une syntaxe de forêt tropicale, dense, humide, chaude, à la fois accueillante et obscure. Au végétal des mots s’abat le métal des sons des oreilles de djembé qu’il manie à merveille. ça swiffe, ça fouiffffe, ça zuuuiie sans jamais vriller le verbe.
Ses onomatopées métalliques sont aussi une poétique tout en nuances ; les déchiffrer serait vouloir traduire des hiéroglyphes avec une formule mathématique.
1/100e, 1/25 000e, 1/150 000e, 1/500 000e
à l’ombre dans un coin.
Local, local.
Pas d’impasse.
Tout l’art de Sam est de superposer impro bruitale et texte frontal pour exprimer une poésie fluide, comme les fluides en chimie, un corps non solide qui se déforme sous l'action de forces. Et la force de Samuel Bodard est d’être calme.
Un point de reconnaissance, un point de rencontre. Des kilomètres dégustés, nous sommes déjà passés par là.3
L’ouragan est venu après.
8
Chiffre de la perfection, couché il symbolise l’infini. Le huit exprime l’incarnation dans la matière devenant créatrice. Le 8 est l’image du soleil d’en haut qui se reflète en bas.
Chiffre de la perfection, couché il symbolise l’infini. Le huit exprime l’incarnation dans la matière devenant créatrice. Le 8 est l’image du soleil d’en haut qui se reflète en bas.
Roulement de tambour languissant de Christoph Bruneel, et discret départ de Mimosa à la guitare, ça commence calme mais tout de suite une tintinnabulation de clochettes pleut et vlan ! l’ouragan entame ses premiers rugissants. Christian Edziré Déquesnes rentre dedans, dans ce déchaînement, avec un poème de Rimbaud qu’il gueule, suivi du trio de cuivres : Ivan Martin trombone, Jean Detrémont saxo, Mathieu Lebrun saxo, puis Philippe ‘Philo’ Lenglet guitare rejoint l’équipage. Et Ch’Batio Lala, arche picarde, part, bravant les tempêtes musicales ; pendant une heure ça va tanguer sans jamais chavirer, sans jamais même toucher le fond. Mais comment font-ils tous ces comparses musiciens pour garder l’équilibre sur le radeau précaire de l’impro ? Ils écoutent chacun, les notes, les mots, les gestes, les voix. Un bing-bang-dong sonore qui explose dans une capsule de temps suspendu, accroché aux voûtes basses de La Malterie. Et cet orage s’arc-en-cielle avec les danses lumineuses d’Amandine Testu, masquée, désarticulée, désassemblée. On aurait dit l’incarnation des notes entendues (oui, dans ce charivari musical une mélodie filtrait par chacun des instruments), on aurait dit le serpent que le joueur de flûte charme. Nous étions sous le charme de ses masques, de son soleil qui ondulait en 8, un soleil non pas créé de feuilles d’or ! trop facile, inutile, mais d’une table basse en osier démembrée recouverte d’un voile. Pure magie de pure poésie fabriquée. Une sirène dans ce tapage musical éclatant et lumineux. D’autres diraient une chamane. Quelle que soit la parole, le mouvement est là, fluide lui aussi, glissant, s’articulant aux déchaînement des musiciens et aux mots de Christian ; Amandine a aussi ses mots :
Le soleil aujourd’hui a rencontré des personnages vaporeux, inconsistants, protéiformes. Ça lui donne de bonnes idées. Alors il les interpelle.
Le soleil aujourd’hui a rencontré des personnages vaporeux, inconsistants, protéiformes. Ça lui donne de bonnes idées. Alors il les interpelle.
Et le gros astre se laisse bercer à bout de bras de ce corps-marionnette, la grâce. Nous aussi on voudrait être cette narration valsant entre les notes volcaniques et les mots tonitruants et quitter la scène en volutes et en silence. C’est à un voyage initiatique que cette arpenteuse nous convie aux confins de la poésie inuite.
Venez vous coucher avec moi je vous conterai vos irruptions, un volcanisme, les formes de vos lagunes, vos éboulis de mauve, la définition de l’éthéré, les transfigurations qui se trament entre deux notes, le bocage silencieux des extravasions, les inclinaisons des souffles qui bleuissent ainsi que leur humeur lorsqu’ils jaunissent.
4
La lenteur des gestes mesurés d’Amandine étrangement ne percute pas les vibrations cahotiques des musiciens. Au contraire, et c’est là où l’alchimie opère : silence — bruit / bruit — silence. Baguettes sur batterie, glissements sur guitare, souffle dans les saxo selon Matthieu & Jean, souffle dans le trombone d’Ivan, souffle dans le micro, la tempête emporte tout, houle, nef, matelots, sirène… Vogue l’arche et ses glènes, l’arche et ses sacrifiés. La voix hurle, ça postillonne sur le mât de misaine, Ivar Ch’Vavar en brise-glace. ça craque de partout. La banquise se fendille, se fend, s’évase comme une pute écarte les jambes pour recevoir. ça craque sur le français, ça gicle sur le picard, union incestueuse, sans oublier la langue du mort ; toutes ont en leur fond une glotte qui bat l’amble dans une respiration syncopée de musiques improvisées.
8 dérives musicales.
Et Christian, attaché au poème, supplie elle étiot belle, elle étiot belle, tandis que la guitare tangue, recule, s’enroule, avance en pelote sur le sable de l’autre guitare qui crisse, puis le trombone prend la lame suivi des saxos qui se fracassent sur la jetée, et l’épousent dans une pénétration frénétique. Tempête batterie cymbales de Christoph. Déferlante dans la tête de Bacon. Les cordes distordues de la guitare de Philippe peint l’urgence d’être. éclair d’orage, tonnerre de Brest le capitaine Haddok en laisserait tomber sa pipe d’effroi. Cadence 8 galériens ! Et chacun se penche sur son instrument, se redresse, se penche, se redresse, et l’arche avance dans la brume de l’improvisation, brouillard qui confond la ronde pour l’étirer, la croche pour l’épingler, la clé de sol pour la noyer.
Dors mon p’tit Quinquin, la nuit sera blanche et noire, comme sur une partition. Je me suis bouché les oreilles pendant un moment et regardé Amandine évoluer, c’était merveilleux dans le sens surnaturel.
Dors mon p’tit Quinquin, la nuit sera blanche et noire, comme sur une partition. Je me suis bouché les oreilles pendant un moment et regardé Amandine évoluer, c’était merveilleux dans le sens surnaturel.
8 personnes sauvées du déluge dans l’arche de Noé
Edziré poursuit ses lectures , froissant la feuille quand elle se tait, la jetant au sol non pas comme une salade flétrie, mais comme une feuille de noyer tombe en silence.
Et la musique déraisonnable poursuit ses écumes rageuses où les envolées de saxo, de trombone, de guitare, de batterie se partagent l’improvisation dans des phrasés exigeants et puissants.
'Je crois surtout que le volume global était fort et intense que c'est peut-être cela qui a surpris, que des personnes s'attendaient plus à une lecture/perf 'classique' avec la voix bien en avant. Bref ! Mais j'aime aussi cette idée que parfois le/les textes, les poèmes puissent "disparaître", être emporté dans la Musique... que le textes ne soit en fait qu'un tremplin... pas un prétexte.'
Christian s’excuserait presque du nombre de décibels élevés…
Christian s’excuserait presque du nombre de décibels élevés…
Vents fougueux et pluie de notes se répondent, calme avant l’ouragan pour entendre les grains du poème, les claquements des mots et des images Souviens-toi, souviens-toi, comme il est loin maintenant.
Non, non, ne feutrez pas votre poésie, votre musique, votre corps. Triturez tout. Triangle d’or brillant sur la scène exigüe de La Malterie, parce que là aussi est la « performance », dieu que ce mot est incongru. Et c’est peut-être justement cette géométrie confinée dans les ronds du 8 debout, de 8 infinis à venir dans cette Grande Picardie Mentale qui a servi de leitmotiv à cet ensemble, initié par Christian qui connaît chacun mais parmi ces chacuns certains se rencontraient pour la première fois. Belle impro sur Ch’batio Lala figuré en peinture par Jacques Cauda, rouge et nerveuse figure de proue de cette arche diabolique, mais oh combien possédée.
Être présent avec distance pour un concert inoubliable sur les dérives musicales et poétiques.
obstination distraite
de la distance
navigation de la danse
obstination distraite
de la distance
navigation de la danse
1
Hissez haut les mots ! L’abordage n’était pas gagné ; Ch’batio la la l’a jamais chaviré pour gagner l’île de la Grande Picardie Mentale.
Anne Letoré
Pour en savoir +, un départ d’info. A vous d’en piocher davantage sur le net !
Philippe Lenglet : HYPERLINK "https://soundcloud.com/user-317111410" https://soundcloud.com/user-317111410 HYPERLINK "http://improphoto.blogspot.com/" http://improphoto.blogspot.com/ et HYPERLINK "http://improphoto.chez-alice.fr/" http://improphoto.chez-alice.fr/
Philippe Lenglet : HYPERLINK "https://soundcloud.com/user-317111410" https://soundcloud.com/user-317111410 HYPERLINK "http://improphoto.blogspot.com/" http://improphoto.blogspot.com/ et HYPERLINK "http://improphoto.chez-alice.fr/" http://improphoto.chez-alice.fr/
Amandine Testu :
Jean Detrémont : HYPERLINK "https://www.dailymotion.com/video/x6z5p3" https://www.dailymotion.com/video/x6z5p3
Limonade : Christoph Bruneel et Eric Mimosa : HYPERLINK "https://soundcloud.com/la-production-du-mimosa/" \t "_blank" https://soundcloud.com/la-production-du-mimosa/
Ivan Martin : les Croisières Dolori : HYPERLINK "https://soundcloud.com/les_croisieres_dolori" https://soundcloud.com/les_croisieres_dolori
Christian-Edziré Déquesnes : https://chbatiolalaffwl.blogspot.com/
Samuel Bodard : HYPERLINK "http://www.numeroh.com/samuel-bodart/" http://www.numeroh.com/samuel-bodart/
HYPERLINK "
Matthieu Lebrun : https://it.ulule.com › album-bengalifere
" Matthieu Lebrun : https://it.ulule.com › album-bengalifere
" Matthieu Lebrun : https://it.ulule.com › album-bengalifere


Superbe !
RépondreSupprimerSuperbe récit qui m'a fait assister mentalement à cette très joyeuse et "bruyante" soirée !
RépondreSupprimerles poèmes avant le chiffre 1 sont extraits du recueil Table des précipices Bataille toute tombe de Jean Detrémont, encres de l’auteur, éd. du Monstre.
RépondreSupprimerCeux qui souhaitent le pdf (un peu + lisible parce qu'il y a des italiques pour les poèmes d'Amandine, les textes de Christian, ceux de Jean) peuvent me le demander par mail :
anequibutine@gmail.com