mardi 8 novembre 2022

Afin de lire les mots des 46 MINUTES & quelques secondes du son de Ch'BATIO LALA - en La Malterie de Lille, le 8 octobre. Première diffusion 18.11.2019.

Photo de Philippe Lemaire.

Pour celles et ceux qui désirent lire
et prendre connaissance de tout
ce qui est enregistré de ce qui a été lu, vociféré, parfois en adaptant,
improvisant sur les textes,
j'ai pris le temps de retranscrire
par écrit tout ce qui a été des mots
jetés lors de l'enregistrement
de la soirée Ch'BATIO LALA
en La Malterie, le 8 novembre 2019. 

Christian-Edziré Déquesnes.


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de tous les textes

*****

...Glenne ! Glenne !  Glenne !  Glenne ! Glenne ! Glenne ! Glenne ! Glenne ! Glenne ! Glenne ! Glenne !*
La poule !

Inhui, inhui ch'ét pus parelh 
 i'y a ch'Batio Lala
Inhui ech'solé 
inuit inhui ech'solé inuit
inhui ech'solé inuit
inuit ech'solé,
rawise ech'solé,ech'solé,
ech solé, ech solé, ech solé,
solé

Le soleil

Le soleil aujourd’hui a rencontré des personnages vaporeux, inconsistants, protéiformes. Ça lui donne de bonnes idées. Alors il les interpelle.

- Venez-vous couchez avec moi je vous conterais vos irruptions, un volcanisme, les formes de vos lagunes, un éboulis de mauve, la définition de l’éthéré, les transfigurations qui se trament entre deux notes, le bocage silencieux des extravasions, les inclinaisons des souffles qui bleuissent ainsi que leur humeur lorsqu’ils jaunissent;**
...La parure BleuNUIT et le jaune-fauve du ciel assombri sont tombé avec grâce sur l'animalité des terres. Les ondes de radio d'"Acapulco Goldie" égrènent au travers les cieux leurs programmes nocturnes ; touchez et tripotez lui avec délicatesse les tétons pour la mettre sur la bonne fréquence et faire monter le son. Merci Docteur pour cette médecine chaude.                   
- La scène se déroule dans les lignes de solitude de leurs rêves -
Quine : "Je travaille maintenant à la boulangerie du super-marché."  Coin Quin : "Toudi cheule Mèr àrkëminchée...".                                                          
Une passante qui passe par là et sortie d'un film de Bruno Dumont 'Y'in aù marre dech Père ! Ej m'in vaù vir' L'Mèr'.***
- Vent Ultra Violet
tableau de Maryse Dewavrin de Douai. -
VENT ULTRA VIOLET
1. Le vent idiot qui sort de l'auto-radio / joue Ultra Violet quand je sors d'Hasnon ; / je vois alors pourquoi je suis de retour / en mon pays des briques rouges, / ce n'est vraiment pas pour me planquer / à l'abri de la tempête. Je vais vous chanter l'histoire.
(refrain) Les gens ne savent plus prier. / Ils dépensent beaucoup et bien trop. / Les gens ne savent plus prier. / Ils achètent bien trop pour la "dé-pensée".
2. Je sors de ma bagnole alors / qu'un vent Ultra Violet continue de chanter / puis la plus précieuse de mes chemises / désirée garder jusqu'à ma fin des fins, / je l'accroche à l'Arbre à Loques. / Jésus flagellé sauve cette enfance, / peu m'importe sauve cette enfance, / peu m'importe si je vais le torse nu.
(refrain) Les gens ne savent plus prier. / Ils dépensent beaucoup et bien trop. / Les gens ne savent plus prier. / Ils achètent bien trop pour la "dé-pensée".
3. Je vais embrasser l'alzheimer paternel / et fleurir au Limon du Moulin des Loups / le parkinson maternelle ; puis je file / jusqu'à la frontière de la Wallonie Picarde / je n'ai plus de chemise précieuse / mon âme est nue en l'Ultra Violet / à Tournai, à Lille, en La Malterie***

STOP ! STOP ! --- STOP ! STOP ! --- Vous avez sans doute raison, vous avez sans doute raison Monsieur Déquesnes --- pourquoi me nommer Monsieur ? - J'ai démerdé, j'ai démerdé l'Evangile BleuNUIT, j'ai terminé l'Evangile bleuNUIT et ils en redemandent ! ils en redemandent encore --- mais c'est pire ! c'est pire que ça ; oui, c'est bien pire ! c'est l'Amplification des Ampleurs des Aggravations --- 1000 retours depuis la baie d'Authie n'auront pas raisons de vos délires --- délire ? pas si délires, hélas ! que cela ; il est vrai que j'aime bien la baie d'Authie... C'est une porte, je désire encore rouler avec toi sur la route. Je désire encore avaler le bitume en écoutant le fleulement du bluesman --- Il n'y a plus que Konrad Schmitt et Ivar Ch'Vavar dans ma tête ; par contre, sous l'emprise du vent, je vois Fideline Hayure être emportée de l'autre côté. Je désire encore entendre ta voix me raconter la vie comme une rhapsodie --- La vie râpeuse des sans-grades et sans le sous.****





Ivakoke chelokoke*****                                           
Ivar Ch'Vavar


...NOUS marchons dans ton cérumen - NOUS venons NOUS pendre / Au papier tue-mouche de ton étalage innocent - NOUS NOUS / vautrons dans la porcherie de ta beauté - ô, tuyau / De nos vies, tresse de nos vies, toi, truelle / De nos vies, nausée de nos vies, caisse de / Nos vies, chanvres de nos vies, jaune de nos


Vies - par le bec de l'Orphie, par la baie / De l'Authie - par la tétine du bleu du ciel - / Lucie viendra - Lucie Viendra - Lucie viendra.******


Extrait de Bércq-Plaje de Sylvia Plath traduit en picard berquois par Ivar Ch'Vavar


...Ch'ét l'langhe ech mort : ramintu-tin, ramintu-tin. / Kmint qu'i ét loin, açteure, ack sé-z actes /


Totoutour ed li come chés meubes dech salon, come in décor. / Ataindi tout ch'tenp-laù chés paleurs i lù rassann't' - /


Paleurs ed chés mins, d'chés fidjures aditées, / Paleurs pamèes dë zz'iris' qu'i vol't. /


I lù-z invol'të inndin ch'wide : ramintu-tin d'nou. / Chés bancs vaghes dé'm mémoére y'àrbèt't' d'in hoet chés dales, /


Chés façades ed marbe à vènnhes bleuses, pi chés bocals à confiture rinplis d'ayoùts. / Qu'ch'ét bioe ichi in hoet : ènne boènnhe plache pour ës' rapuré.*******


BLEUZELAAAAAAAAAAAAAAUUUUUUU...LAAAAAAAAAUUUUUUUUUINCORBLEUZE*******


Ingakoke Singakoke cindiakoke aléhou...****


Cheule fihle laù, ch'ét une fihle inuit.                           Traduction française du poème de Sylvia Plath qu'Ivar Ch'Vavar avait traduit en picard 


...C'est la langue du mort : souviens-toi, souviens-toi. / Comme il est loin maintenant, ses actes / 


Autour de lui comme les meubles du salon, comme un décor. / Tandis que les pâleurs s'assemblent - /


Pâleurs des mains et des visages familiers, / Pâleurs pâmées des iris qui s'envolent. /


Ils s'envolent au fond du néant : souviens-toi de nous. / Les bancs vacants de la mémoires regardant d'en haut les dalles, /


Façades de marbres veiné de bleu, bocaux de confiture pleins de jonquilles. / C'est si beau ici en haut : un bon endroit pour une halte.********


******


Un jour Ivar ch'Vavar, le grand poète d'Amiens, qui est né à Berck plage et qui d'une certaine manière est avec nous, ce soir avec Konrad Schmitt ; Ivar Ch'Vavar, il m'a dit qu'il fallait peut-être traduire des grands textes de littérature en picard alors moi j'ai traduit un petit texte d'Albert Marcoeur, c'est une chanson qui s'appelle 'Elle était belle'


Ej l'aù connu in soér à cheule fin din bal / À le teno cheule buvette, chaù m'simblo normal/


À le m'dit 'tient ! té peu gardé min portefeuille / Ej' vaù au cabinet, foét intention y'au ed l'argeint eddin'/


J'y li ét dit 'ej' vaù met' l'argeint din mé cochette / Chaù risk' moins /


I'in avo qui buvote leu' dernier topette / Leu dernier chagrin / I' in avo qui compto chés billets / Ed z'oétz qui impilo cheule monnaie /


In peu p'us tard ale ét arvenue, ale m'a dit / Dis me 'chaù s'appéle conmint chl'instrumint eque te jue" ? /


J'y ai dit 'chaù s'appéle in saxophone... Jean Detrémont...


Elle m'a répondu 'ch'ét pon très bio chl'instrumint eque tu jue, j'aù pus kér' l'djitare...


ech djitariste Philo...


é-pi i'y avo in ote djitariste Mimosa...


...Awé, ale m'aù dit, ch'ét vrémint pon bio chl'instrumint eque té jue, j'aù pon kér ch'saxophone, ej préfère la guitare, j'l'aù ravisé pi j'y ét dit, aH ! ej' li ét rin dit, j'aù teurné m'tiéte pi j'aù braÏe... ale éto belle, ale éto belle, ale éto belle...*********

BACON - Rhénondious ed Mahouse - Francis Bacon, AH ! Chti'Laùl, Francis Bacon ! hommage, en picard l'hommage c'est la Ducasse, c'est la dédicace, je l'aime vraiment beaucoup Francis Bacon...


- Hommage à Francis Bacon - collage de S.O.D.A 2019.

Photo de Félicité 'Bluebee' Leuwe.-



Pareil pour moi... / Jeté au monde, entre les jambes d'une femme, / Comme un morceau de viande qui chiale... / (...pareil pour moi ! )/ C'est un nouveau-né FRANCIS BACON - 28.10.1909.



Pendant toute sa vie il va rechercher ce moment d'effroi-là. / Accouchement. / De la chair, ce cri précis devant l'existence / qui est vis en face de nous.



Plus tard, beaucoup plus tard, / il prend la fuite du foyer maternel, / Il va défaire sa vie / et surtout vomir sa peinture / de la même manière que l'on tire la peau d'une bête, / essayer d'extraire l'image de ce cri, là, / que tous, nous autres nous avons à l'intérieur, sous la peau.



Un morceau / un morceau de viande nouveau-né pour le restant de nos vie c'est larmoyant / FRANCIS BACON, il dépeçait cette histoire / de cette chair de nos carcasses, / pour rendre visible peut-être les blessures, / les déchirures de nos âmes. / Il dévidait, / il défournait, / il sortait de l'enveloppe, il enduisait derrière la toile, / et dessus / il peignait des espèces de grimaces. / INNOCENT X (1953) hurle, le singe aussi. / L'étchénne de GEORGE DYER... /(celui qui était son amant, également son modèle) / Suicidé en 1971 à Paris / pendant l'exposition rétrospective / qui s'est déroulée au Grand Palais. / Coups de lanière de cuir au cerveau. 



Viscères, morsures, estomac, os. / Mettre en couleur, / vidanger, / accoudoirs de jouissements de gémissements. / Diarrhée des hurlements de l'intérieur. / 



Comme moi un jour, / DEAD - 28.04.92 - FRANCIS BACON. Conme ti, conme mi, in ote jour.



Parél por ti... / Jëjtè-ye din ch'monne, intàr lés ganmes d'énne fènme, / Conme in morchioe-we ed vianne qui braye...aaaarrrrggghhh / (...pairé pour mi !) / ...Ch'ét ch'quinquin, dors min thiot quinquin, nin, nin, nin, ch'ét quinquin FRANCIS BACON - 28.10.1909.



Pindant tou' s'vie i vaù cacheu ch'moùmint d'éfroé-laù. / Acouchmint. / Del car, ch'cri-chi pa-dvant ll'éxistinche / qu'ale ét vizinfache ed nous.



Pus tard, granmint pus tard, / I' s'écape del moézon s'mamére, / I vaù défoére ës'vie / é-pi surtoute déloufeu s'pinturache / pairé qu'o dépiote ènne b:ète, / inchayey-ye ed déssatcheu chl'imache dech cri, laù, / qu' tartous nou-z oetes o-z airoènmes din/nzou edzou l'pioe-we.



Dors min thiot quinquin, min thiot... nin, nin, nin ! In quinquin pou ch'restant dë s'vie ch'ét / in morchioe-we ed vianne bafiouse. / FRANCIS BACON, i dépiéchoét ll'istoére-laù, / chele car ed noù carcasse, / pour foére vir pétète chés coéchures, / chés dérachures ed noù-z anmes. / I déwidoét, / i défournaquoét, / i décafotoét, / i débouzouét arvér ed chele toéle, / é-pi dzeur / i pégnoét dz'éspèches ed grènnhes. / INNOECHINT X, ech pape, (1953) i bérle, ech sinche étou. / L'étchènnhe a GEORGE DYER... (Chti qu'i avoét chl'intrè-ye, étou sin modèle) / chuicidé in 1971 à Pairi pindant chl'éspozicion-àrwèt'dri:ére / qu'ale aù :eu yu a ch'Grand Palais. / Coeps d'cachoére por chele cacoènnhe.



Corè-ye, hagnures, as', ochioe-wes. / Mète in couleur, / purleu-ye, / apoéyètes ed chés jou.ichmints d'délamintations. / Dévoémint d'chés bérlè-yes dechl'l inndin.



Conme mi, conme ti, conme li in jour, / DEAD - 28.04.92 - FRANCIS BACON. / Come ti in-n oete jour.

Photo de Philippe Lemaire.

Ayayayayayaya... Ayayayayayaya...

Ayayayaya... Ayayayaya.... Ayayayayaya...

Canchon dechl'araignie, canchon dechl'airignie

canchon dechl'airigie ed Konrad Schmitt
Innui ch'ét cho'd ducasse / 'S su pairti kére du vàn-ye din cheule cafe / Jë n'sé pon porquo mé mi j'ai toudi :eu tchér chés cafes / Chaù reinme pétète aveucq cadafe / Quoéche ch'ét, qoéche ch'ét qu'chés toèlhes d'airignies-laù ! / Atindéz ! Atindéz, qu'ej prinche min ramon !.... / N'in vlaù :eune la-baù grosse conme ènne goeque / Qu'ale tcheurt, qu'ale tcheurt, qu'ale tcheurt s ch'mur / 'Tind ! m'in vaù t'foére ët'n afoére ! 'tind ! vlaù in coep ramon edzeur ghife, ti ! Méérte ! mantchè-ye ! n'-ëm' vlaù prope ! / Ayayayayaya... Ayayayayaya... Ayayayayaya mé caveus, din... mé caveus / din mé caveus / quoé qu'ej vè foère aveucq ènne airignie din més caveus / aveucq ènne airignie din mé caveus / Chl'araignie, pététe vaù l'éponneu-ye in buquant, in buquant, in buquant m't:ète edsu chés murs / Mé si jë ll'éponne sés boéyoe-wes d'arignie i's vont s'rapènne din mé caveus / Ej n'airé pu qu'a m' foére in shampoing / Ej' sé bin Christoph' chés shampoings ch'ét réputè-ye por chés pélitchules. / Awé ! Philo eque ch'ét réputè-ye por chés pélitchules. / Moé foet pon nn'abuzeu-ye, Ivan ed... ed chés boyo d'araignie pace eque mé caveus i' s'rote bérate azis pi gàrzis / Ivan ch'ét à cose ed li, ch'ét à cose ed ti, té vaù vir' eute gihfe / Non, ch'èt in brav' garchon. / Bon, j'arvins à m'istoère / Chés boyos d'araignies i's son répindu din mé caveus / bon ej sé bin eque ch'ét réputè-ye por chés pélitchules / Moé i n'foet tout-d'mènme pon nn'abuzeu-ye, pace que pinsé m'dame ! / aveucq dé boyos d'araignie mé caveus s'rote bérate azis pi gàrzis / E's sroé in... plè-boy ! / E's sroé in... plè-boy ! / E's sroé in... plè-boy !***********
(on fait attention... )
ATTENTION ! --- ATTENTION ! 
CELA grand partout... NOUS NOUS élevons... dans le bus j'écoute Lou Reed chantait Mary... Toutoudoutou toutoudoutou toutoudoutou toutoudoutou...  Aujourd'hui, siècle 21 dans la fange, maintenant CELA se joue... devant vous dans ch'Batio lala, vo's êtes din ch'Batio Lala, tertous ! Ed lon in diro du brun, ed prés chaù n'ét. D'abords, il y a un nourrisson / le fils... NOUS sommes deux... en écho est un autre nourrisson / la sœur... Lui et moi assis sur les deux premiers strapontins du premier ramassage du bus... VOILA... un de chaque côté NOUS sommes collés, à la vitre, moi, à gauche, lui à droite avec sa guitare branché sur un petit ampli... Tel qu'il la chante toujours et toujours... Toutoudoutou toutoudoutou... Li, ch'ét Matthieu, ej' l'arconno, ej' l'arconno, i' ét min coin, i'ét ed Dwai, ch'ét in garchon ed Dwai, Ch'ét in enfant ed Gayant, ch'ét li ! ch'ét Matthieu ; é-pi li i' ét ed Gayant aussi, i' ét Dwai aussi li, ch'ét ch'djitariste Philo ; li, i' foét pon l'acouté chez in Belge, ch'ét in flamaind, Christoph', bref !  in ét tertous là,  NOUS sommes à être là, accouché au monde et CELA et pas seulement Rouge. Il porte une paire de lunettes noires, un blouson en cuir élimé noir, des chaussures en cuir noires et cirées ; ils font crisser et pleurer leurs instruments noirs. Ils chantent, ils font crisser, crier leurs instruments, ils chantent ASCENSION, ASCENSION, comme NOUS le désirons ASCENSION comme tant d'autres naissent. NOUS sortons d'un licenciement par rupture conventionnelle collective de fonctions qui sont devenues pour NOUS l'enfer d'un bagne impitoyable... Vous vous épousez / Elles enfantent des nourrissons... NOUS NOUS disons 'NOUS avons fait un burn out solidaire, un burn out collectif... NOUS sommes là ! Nous avons... de la fange du siècle 21 / et ça monte / oui ça monte avec les animaux... / ô Lou Reed / merci Lou Reed / NOUS n'avons plus de magnétophone / NOUS avons des petits animaux domestiques / et NOUS chantons / et ça vous dit juste / vous croyez que c'est injuste / et ils sont en train de jouer juste / et c'est l'Ascension / et c'est bien chier / C'est CELA qu'il NOUS faut / parce que ça fait du bien / Là où on a mal / Allez montez / Ascension / Apportes de la fange / mais NOUS n'en apportons pas ! / Un policier en civil --- un policier en civil --- un policier en civil qui en a trop vu, grimpe dans le bus du solidaire burn out collectif, chantonne à son tour la mélopée que fredonne Lou Reed Toutoudoutou toutoudoutou avec des mots nouveaux sur tout le malheur qui l'a touché-coulé , pour toi aussi CELA bouge et pas seulement Rouge, les larmes, les cris, la colère, la mort, la fureur, le sang, les excréments et l'entêtement / NOUS allons NOUS en tirez ? / Est-ce que NOUS allons NOUS en tirez NOUS ? / Vous vous rendez aux hôpitaux intercommunaux, la transpiration qui vous pousse à boire, la prostitution, la drogue, les notables  corrompus, la vie, le repli identitaire, les jeux vidéos, l'addiction, la radicalisation. Les fossoyeurs communaux creusent des fosses pour les cadavres de la misère quotidienne et les jardiniers communaux creusent aussi des trous aux terres des ronds-points afin de planter des fleurs pour l'accueil de la nouvelle équipe du nouveau maire alors que c'était déjà très bien avant. La spéculation immobilière, le banquier qui ment, la souffrance de son ancienne femme, les préservatifs que l'on trouve dans les sous-sols des parkings et de temps en temps même parfois un cadavre, parfois non identifiable mais ce n'est qu'un étranger, un réfugié.
Jean, Jean il vient d'Amiens / joue Jean, joue, joue la Picardie, viens Jean, viens, viens, viens garchon, achteure ch'ét pus parélh, Jean, Jean, Jean sake, sake avec la vie, sake, joue mon Jean... / Il y avait la violence mais NOUS on a la tendresse dans ton regard... restez ouvert, restez ouvert tertous... NOUS sommes des profondeurs aigue-marines /  via des profondeurs aigue-marines NOUS nous élevons Ascension / Nous nous élevons / Ascension / Ascension / Ascension / Peut-être qu'il n'y a pas de différence réelle entre un chaman, un chauffeur de taxi en uniforme de ville et un policier en civil et Lou Reed / Ascension / ils ont entendu tant de choses, des sales, des drôles d'histoires / Ascension / d'abords il y a un nourrisson / et puis sa sœur... / CELA / CELA  est / la brutalité devient à force abstraite... tels qu'ils NOUS racontent toujours et toujours dans les médias / NOUS sommes là... à être accouchés... au monde / au cœur du siècle 21 / tant d'autres et d'autres naissent là encore / de plus en plus vide la pensée / vous vous épousez dans la dé-pensée / vous épousez chl'internet / vous vous épousez sur Facebook / et j'en ai marre de cette dé-pensée / CELA, CELA va craquer / craque ! craque ! / BATIO LALA / craque ! craque ! craque  ! craque ! Ayayayayayayaya ! sake ! sake ! sake ! / fonce ! fonce ! fonce !... sake ! sake ! J.A.A.A.ck Cauda / J.A.A.A.ck au bouddah ! J.A.A.A.ck au bouddah / 
- Christian-Edziré Déquesnes par Jacques Cauda. -

  (Pareil à un combat final en Picardie)
…Nin ! I’ ét edzeur l’coéchie pa edvin l’déviache, 
AYAYAYAYAYA,  DEMINT ! AYAYAYAYAYA, DEMINT !
l’déviache à s’ramintuvouér chu tenps quaint, chés pieuds  décoeus, i’ v’not edzeur l’plaje d’Audreselle mouilleu ses piotes djiboles dins chl’ioe,
AYAYAYAYAYA,  DEMINT ! AYAYAYAYAYA, DEMINT ! 
ch’tenps d’in l’tenps,
quant dins ch’tenps laù, i’ étot paréhl à quaint apreu cheule mér ale éto dékindue pi eque chés moùts…
i’s s’ étoent sauveu to’autour ed li, aveuc li,  
…à ch’ momint leu i passouot  por in territoire dech noér ; l’ noér in train de s’ foére. 
AYAYAYAYAYAYA,  DEMINT ! 
Edzou chés su mots, edzou chés mots, edzou chés mots, chés mots qui disote i’ n’y avo’t  pus rin, i' n'y avo pus rin, sauf cet aglavé, ce Léviathan, in Moby Dark qui les avalo’te toute, chés mots.
AYAYAYAYAYAYA, SAKE ! SAKE ! AH ! AH ! DEMINT !
conme chés morts, conme l’ Vake Juliette pi ch’ Pourchio Jin kéus dins l’tro dech tro. 
AYAYAYAYAYA ! DEMINT ! Ch'ét vrémint démint.
D’eutes, chés putes ed droùles ed gozesses, i’s pensouoent qu’chés mots morts, déviés, n’érvéno’t’ pon à cose eque perchonne  n’avot pus l’édzir éd lé wardeu. 
AYAYAYAYAYA ! DEMINT !
À la mort ! À la mort ! À ch’déviache ! O n’aù jamés bin seu.

In n'a jamés bin seu.
AYAYAYAYAYA ! Ch'éto démint ! Moby Dark !

Achteure, i’ ét paréhl à l’ mort vivante, Moby Dark i cirtchule où ale veut, i’ navigue to’t parto’t aveucq ch'Batio Lala conme chés biétes éd mér au-dessus éd nos’tiétes, 
DEMINT ! AYAYAYAYAYA, DEMINT !
i’ ét dins ch’monne intieu, ichi pi leu,
Moby Dark, ch’est li echl’aglavé, the big Moby of the Dark, i’ aù  l’invie, miu, il a l’édzir , l’édzir dech noér.  Dech noér absolu. 
AYAYAYAYAYAYA, DEMINT ! ECH NOER ABSOLU !
L’édzir éd érvérnir ch’ ernicheu, leu, dins chu saing pi dins l’ merte,
aveuc to’t otour chés gins qui peuvent infin àrposeu leu tiéte dins l’inconfiance éd leu caveus, 
AYAYAYAYAYAYA ! Chl’araignie ale aù dékindu din mé caveus...
   pi arwet’tié d’vint eux ,cheule mort qui monte. 
   CH’NOER ABSOLU ! DEMINT !
   
   AYAYAYAYAYAYA, DEMINT !...
   pi arwet’tié d’vint eux, cheule mort qui monte.
   Epi qui dékin, qui dékin dusqu’aù rin...
LA COMEDIA ES FINITA ! --- vous êtes beau dans votre navette spatiale Monsieur dech Batio Lala --- je n’ai pas de navette spatiale car cet au-delà ne m’intéresse pas ! J’ai juste un bateau Lala, j’aù jusse in batio lala. --- bleu nuit bleu la vie --- la main coupée du fils de la voleuse introduit la carte perforée, de la carte bancaire subtilisée - C'EST LÀ ! que la vie à lui et sa chienne !... mais c’est quoi encore tout ça ?  c'est une trop belle formule pour moi --- tout s’écroule Mister --- pourquoi Mister ? Mystère et boule de gomme ! To’i’ ké ! (Jin-Luck, tin père vind-t-i’ coére du chuke ?) /  --- tout s'écroule, tout tombe --- moi, je continue --- good luck --- Merci à vous mes Camarades !

Mimosa ! applaudissez Mimosa s'il vous plait ! Merci pour lui !
Christoph ! Philo ! Jean !
à cause de lui, je suis revenu ici !
à cause de lui je suis revenu ici ! Ivan !
Matthieu !

Je vais aller chercher, je vais aller chercher la princesse inuite(le micro chute ! elle est déjà en coulisse).

Est-ce que vous avez envie qu'elle enlève son masque ? Ah, vous ne répondez pas ? Vous avez peur hein ! vous avez peur  ? Enlèves ton masque !
Amandine ! 

En fait la Grande Picardie Mentale c'est une terre d'accueil et de sépultures avec une langue que l'on est en train d'oublier, on raconte n'importe quoi sur cette langue, par exemple à Lille tout le monde dit que l'on parle chtimi alors que c'est juste le picard, à Lille c'est plutôt même du français déformé mais bref ! je ne vais pas vous faire un cours de linguistique.
Avec le Bateau on accueille tout le monde et je voudrais terminer en lisant un poème d'un poète serbo-croate.

Donnez moi
un verre d'eau, un verre de soleil
Pour lamper dans le trou noir de notre piètre mort
Donnez moi
une croute de pain dure et moisie
Pour bâfrer dans notre nuit qui a vraiment perdu la tête
Donnez moi Donnez
un juron plus amer que la mort et la nuit
Donnez moi
la note d'entre aide plus violente que la mort et la nuit
Donnez
un cauchemar plus affreux que la mort et la nuit
Donnez
un amour plus terrible que la mort et la nuit
Donnez moi 
un chien noir un diable noir pour aboyer
pour aboyer
avec fureurs aux étincelles aux officiants
Donnez moi donnez
que je puisse d'écrire nos temps d'intempéries
Donnez moi donnez
le juron la tempête le cauchemar et l'amour
Donnez moi donnez
le hurlement des chiens et le fiel noir du diable
pour exprimer notre pensée
pour chanter notre terre
pour dire notre vie
notre vie misérable invincible

Dusan Matic a écrit cela en 1941.

donc Matthieu est de Douai, Ivan est de Lille, Jean est d'Amiens, Philo est de Douai, lui il est né à Courtrai, il vit à Mouscron, c'est un belge, c'est quand même un picard et y'a un truc quand même mais je finirais la dessus plus tard... et lui c'est Mimosa. Il y a un truc qui est hallucinant c'est que si vous allez en Belgique, vous passez la frontière pour aller à Tournai et il y a un panneau et c'est marqué bienvenue en Wallonie Picarde et je n'en ai jamais vu dans le Nord/Pas-de-Calais, maintenant c'est devenu les Hauts-de-France... vous avez déjà vu un panneau qui nous dit bienvenu en Picardie ? Voilà, au revoir.


*de Pierre Garnier, extrait de '6 chanteurs de Picardie'.
**d'Amandine Testu, inédit.
***extrait de L'Evangile BleuNUIT de Christian-Edziré Déquesnes.
****extrait de Ch'Batio Lala (inédit) de Christian-Edziré Déquesnes. 
*****formule magique inuit
******Ivar Ch'Vavar, extrait de '6 chanteurs de Picardie'.
*******extrait de Berck-plage de Sylvia Plath.
********incantation chamanique picarde.
*********d'après 'Elle était belle" d'Albert Marcoeur.
**********extrait de 'Poète toi-même' et 'Cadavre grand m'a raconté, la poésie des fous et des crétins du Nord de la France.'
***********d'après 'Canchon dechl'araignie' ed Konrad Schmitt, 'Canchons & chansons'.
************d'après ch' feinal ed 'Moby Dark' de Jacques Cauda, à paraître aux éditions : L'âne qui butine.
*************Dusan Matic, extrait de 'Bagdala'.